
Les enfants sous la pluie serrent leurs paupières fragiles. Diaphanes, apeurées. Dans le fond de leur lit, ils échappent aux larmes. La chaleur de leurs draps rend la nuit plus docile tandis que le bruit frappe les fenêtres étroites. Quelques airs de berceuse font danser les mobiles, les mains rêches des sorcières s'estompent sous l'oreiller. Les ours de tissu bleu embrassent les cauchemars : ils se changent en poussière sous les vitres embuées. Il est déjà très tard. Des pantins de plastique veillent sur les coins sombres ; une chambre agitée des sursauts de l'orage. Et quelques fées mutines sous le tapis léger dissipent les mauvaises ombres. Et ce sont les étoiles. Elles brillent tendrement dans les mains qui se ferment, la peau tellement douce, le souffle régulier. Un voyage dans les brumes. De souvenirs qui fondent dans un étang de plumes.
La veilleuse vacille dans les filets de vent qui s'engouffrent sous la porte de bois un peu trop gris. Le monde édulcoré se trouble dans le doute, et s'éteint lentement pareil à la bougie. Les mains se crispent alors. Les jouets endormis ne protègent plus l'enfant, la peur passe le chambranle dans une odeur d'oubli. Les questions font la ronde, main dans la main elles flottent comme des hésitations, de fébriles anxiétés. Dis toi qu'il faut grandir. N'a de cesse de tourner la victime fragile, la poitrine frémissant sous les couvertures froides. Les orbites au plafond comme des mobiles figés. Le cœur alors se voile et crie des mots malades. Le trouble enfantin du rêve trop sucré. Parce qu'il faut apprendre avant qu'il ne soit tard. Trop tard pour tout subir.
Photographie. Charmant séjour à Barcelone.
Publié par nymphedark à 19:30:25 dans _ | Commentaires (7) | Permaliens
Sur la route.

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Publié par nymphedark à 11:29:31 dans _ | Commentaires (7) | Permaliens
Chacun cherche un idéal. En soupirant, eux aussi car ils espèrent. Et dans le fond, tout fond, comme quelconque comprimé pour un sommeil de pierre. S'étendre sur ses plumes, un ange solitaire. Et faire le point de phrases à présent disloquées. Les châteaux de princesses et de reines infernales, un matin hivernal et la pureté dehors. Les pas agiles font crier l'herbe glacée, les insectes sont morts. Les chants illuminés dans les ruelles parfaites, les sourires des enfants qu'émerveille décembre. Du bout des lèvres rouges le bonheur exhibé et chacun qui partage, tremble de tous ses membres. J'aimerais mes lèvres rouges mais bleues dans le parfum de ces marrons glacés.
Les étreintes réchauffées dans les coins refroidis, les frissons échangés, fumées de souffles dansent ensemble.
Des pétales violacés sur les joues d'ivoire tendre, comme des morceaux de chair, des instants à attendre. Les yeux dans le vide d'un océan de fleurs, aux roses toutes fanées, les épines putrides. Lasses les paupières s'affaissent, une chute renversante, une nuit dans l'ivresse de minutes hésitantes. Puis cinq, puis six. Et enfin neuf, et encore dix. Et ce mal dans le ventre, et tous ces mots d'esprit.
Mais les enfants rigolent dans leur manteaux gonflés comme leurs joues roses de sucre qui déborde dans la neige. Du cristal retourné, les rires dans le manège. Le pays du rêve doux de friandises chaudes, les dalles grises d'un soir. Et puis vivre très vite, aucun temps pour penser. Penser à oublier.
Publié par nymphedark à 00:01:45 dans _ | Commentaires (3) | Permaliens
Publié par nymphedark à 19:09:52 dans _ | Commentaires (1) | Permaliens
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