
"Celui qui veut continuellement "s'élever" doit s'attendre à avoir un jour le vertige. Qu'est-ce que le vertige? La peur de tomber? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d'un garde-fou? Le vertige, c'est autre chose que la peur de tomber. C'est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi."
L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera (p.93).
Publié par nymphedark à 00:10:48 dans _ | Commentaires (5) | Permaliens
Putain, quatre ans.
Il est temps de faire du ménage.
Publié par nymphedark à 15:52:50 dans _ | Commentaires (3) | Permaliens
L'échappée.

Renversée par le temps dans son bocal de verre, toute de fibres muettes mais de cris dans le corps, dansant avec la crise parmi les cristaux fins, la danseuse échappée a le parfum du soufre. Une gangrène terrible lui dévorant les sangs. L'acidité consumant la rêverie, le reproche, et puis l'envie. Elle se disperse dans l'encre. Ses mains tordues de crampes, tel un jouet cassé. Des éclats de travers, enfantine torturée, absorbée par son chancre. Une fille de porcelaine qui volette dans sa boîte sur la pointe des pieds. Danseuse à la migraine prise de spasmes et qui boîte, sans plus se relever, des échos du silence dans le chaud de cette nuit.
Publié par nymphedark à 22:44:34 dans _ | Commentaires (6) | Permaliens

Pripiat sous la neige. L'image comme le refrain d'une comptine délébile, l'échappée attirante. Que l'on crée toujours par le rêve éphémère, les prénoms effacés par le passage du train sur des rails lointains, dans des bruits mécaniques, s'enfuir, se rendre sourde, toujours plus éloignée du cocon nutritif qui ne me nourrit pas ou ne me nourrit plus. Fuir au loin par-delà le réel et même son propre corps, par le songe et la perte de ses sens, par les mégalopoles aux silhouettes noctambules, démultiplication des ombres agitées, les douleurs asphyxiées dans le nombre qui pullule. S'enfuir dans le nouveau pour effacer l'ancien, inventer encore. Recommencer encore.
S'en aller dans le noir comme on va dans le songe, partir toujours plus loin de la maison trop close où la raison repose. Accélérer le rythme. Noyer la solitude. Trouver l'autre dans l'insomnie et la confrontation des décalages horaires, l'inconnu et, que l'on devine pourtant, un déjà-vu, ou un déjà-vécu, dans des ailleurs bien distincts.
Pripiat comme un visage.
Où ne reste que l'empreinte. La structure désertée seul témoin d'un passé animé, la cicatrice encore bien ouverte d'où s'échappe le silence. L'absente présence dans les traces et les failles des écorces de peinture sur des grands murs de vide. Émerveillement infatigable de la désolation, du tout qui a quitté sa cellule primaire, la ville comme nos cœurs réduits à des enveloppes.
Le magnifique Abstrait figuré par la ruine, abandon éternel ou renouveau du rien juste perpétuel. L'incertitude floue. Les peaux tremblantes et usées absorberaient bien pourtant une dernière caresse. Juste pour essayer. Pripiat, comme une attente.
La raison écorchée prédit déjà la suite. Nous sommes les magiciens de nos belles illusions, nous avançons à pas légers, le foulard sur les yeux en ayant à l'esprit nos futures répliques et futurs mouvements. Nous allons nous blesser. Et chacun sait que dans ces tours terribles nous sommes les plus talentueux de tous les maîtres de l'art et la torture. Mais tellement amoureux des ressources du risque passionné, tellement rongés par l'aventure.
L'attirance comme une radiation qui perdure tout en nous désintégrant par le dedans. Un jeu pour abîmés, lâcher-prise fugace des envies dévorantes. Pripiat sous la neige comme une fuite au loin.
Une passion nouvelle. Déchirante.
Un mois d'avril.
♪. Coil - "Dark River".
Publié par nymphedark à 01:34:27 dans _ | Commentaires (12) | Permaliens

Je m'échappe sous le ciel. Sous les rayons solaires qui percent les nuages et me percent la peau. Percent mes souvenirs d'ondulations dorées filtrées par tes rideaux. Je m'enfonce dans le rêve comme dans une eau claire. Doucement suspendue à une seule seconde, je m'élève dans les airs. Je repasse comme un film les émotions soufflées. D'une bouche éphémère qui me prend et m'apprend, quand tes mains écartées s'offrent à ma solitude et me délivrent alors. Je m'échoue sur les côtes d'un océan de brume, je m'échoue sur tes côtes, des matins lumineux. J'ose à nouveau plonger dans un imaginaire. Je me laisse charmer par l'éclosion nouvelle qui s'opère sous mes os, telle une fleur de passion.
Je songe tendrement à nos minutes primaires, celles qui sont apparues bien avant la course, avant même que nos sexes ne deviennent mécaniques, avant même que nos voix ne soient des précipices. Je repense aux instants où le repos se voulait virginal, et nos corps asthéniques, le support étroit de nos nuits de sommeil. Meurtries dorénavant. Et nous nous entachons de retours vulnérables. Et nous nous attachons, et nous nous rejetons dans un effroi formidable.
Je m'échappe sous le ciel et cherche le soleil, et je brûle mes yeux dans le soir persistant. Je m'écorche à l'idée de ces cycles incessants et tire les rideaux nus sur une cage trop froide. Plus de bouche pour m'apprendre, plus de mains pour s'éprendre. Je m'échoue sur mes côtes, saillantes dans la pénombre.
Je suffoque dans le rêve et crie aux passiflores pour qu'elles libèrent mon ombre.
Publié par nymphedark à 22:12:20 dans _ | Commentaires (10) | Permaliens
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