4 ans et demi.
Vis dans ma tête avec les autres
Entre les dissonances plastiques
Les photographies qui ne sourient plus
Et les jeux de maux qui ont mal tourné
Comme du lait pendant l'orage.
Sauf mention contraire,
Textes, photographies et autres travaux
Présentés ici m'appartiennent.
Les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d'un monde pluriel qui les expulse.
Jean Cocteau.

Les corps, s'approchent, s'accrochent, admirent la grande cérémonie. Les violoncelles et les violons. L'hésitation de l'archet à entamer sa mélodie, puis apparaît alors le son... Toute fébrile, cette caresse. Ce tremblement : tant de douceur que de tristesse. Dans la grande salle, naît le silence. Les hommes aux vestons méticuleusement repassés ne font la cour aux Dames qu'en parlant par les yeux. Voilà une curieuse danse. Ces dernières, les joues rosies par le vin, sourient, un peu. Oh les violons, les Violoncelles ! Manient les mesures qui commencent. La peau si blanche, et la délicatesse des mains gantées de dentelle...
Elles portent d'un geste gracile les coupes de cristal entre leurs lèvres d'un rouge sang. Les nappes aux ourlets argentés diffusent autour mille étincelles. Le vin sirupeux fait tourner les esprits. Paisiblement. Hommes et femmes, enfin, se lèvent. Les lustres de diamants percent la nuit. La dentelle se glisse alors dans les mains robustes des Messieurs. L'alcool qui amène la transe. Les robes longues aux tissus souples ; les robes longues se balancent. Les pas des hommes sont assurés. Les chevelures volent selon le rythme : vois comme les talons vernis avancent. Un pli, des volutes de fumée. Une courbe, un dos qui s'élance. Les mains qui sur les épaules fortes s'accrochent.
Et en arrière, se pencher. Une note, deux, des croches. Des dents serrées agrippent leurs lèvres. Et les violons, les violoncelles ; des profondeurs infinies. Jouent maintenant avec fièvre. La main connaît si bien les cordes qu'elle arrive à faire naître les cris. Les corps s'emmêlent, la musique aussi: elle se tord en gémissements. Les chevilles sont fragiles, les dames croient défaillir. Leur ouïe leur joue des tours, les mesures s'emportent. La baguette vacille pour un charmant délire, les hommes font en sorte... Que les dames oublient. Rusés, s'amusent de leur ivresse. Les voilà qui gracieusement s'affaissent. Et les tapis, des déserts de tissus riches ! Et les soieries : de la paresse. S'ils s'y nichent, on les laisse. Les Violonistes ! Des mélopées venues d'ailleurs, qui les envoient aux plus hauts cieux. Leur jeu désormais ne cesse. « Ré... mi... fa. » Dénudent leurs pieds, observent les regards envieux. Une volupté privilégiée. Tremper ses orteils dans le vin, une fantaisie pour ces princesses. « Fa... sol... la. » Leurs ongles brillants que l'on dévore des yeux. Et derrière le voile de soie, les bouches se prennent, c'est une caresse. Les cordes vibrent et l'archet glisse. Les doigts sur le manche des violons, l'onde parcourt les femmes qui frémissent. Oh comme elles aiment la musique... Font basculer alors, outrageusement leurs cuisses. Qu'elle est belle notre noblesse... Les violons, les violoncelles, un jeu si divinement mélodique. Un échange entre Il et Elle. Echange, et il entre en elle.
Une danse macabre où la Luxure abuse la Folie.
Publié par nymphedark à 18:29:03 dans Nymphe | Commentaires (14) | Permaliens
Alors que la pluie tombe, j'improvise une suite. Une ribambelle de maux pour des phrases mal écrites. Dépenser sur la feuille des pensées dans le vent. Suivre toujours la ligne et éviter la fuite. La neige s'en est allée, on espère le printemps. Les murs paraissent sales juste après qu'il ait plu. Ainsi c'est une averse qui caresse les vitres ? Ce soir à l'inverse, la photo est sans titre. Je calque le néant. Je reproduis le vide. Commencer par une majuscule et finir par trois points... Comme on nous l'a appris, attendre mais jusque quand?
Publié par nymphedark à 12:06:26 dans Nymphe | Commentaires (5) | Permaliens
Mercredi 23 novembre.
Comme ce grain de sable que l'on retourne sans cesse, de ses hauts de ses bas, (de ses tendres faiblesses) et ce vide à combler par le temps qui s'enfuit. Encore je ne sais plus. J'entends tomber la pluie. Ces grains qui dansent toujours sur des rythmes soutenus. Un sablier qui fuit... Se perdre pour continuer, affectionner l'oubli ? Jusqu'à le perdre de vue.
Comme de ces bateaux fiers aux allures résistantes, piquent du nez, percent la vague... Et sans en faire de bruit tentent de se relever, de maquiller leurs failles mais apparaît quand même dans les rainures du bois les gouttes qui ont filtré... On se meut plutôt vite et ça nous semble idiot : ces occupations toutes aussi illusoires que l'on espère brouiller dans la rapidité, cacher que plus rien aille. Et bien je vous le dis, oublier c'est ouvrir. Les plaies aux yeux béants et on se mord les doigts... Jusqu'à l'os ; le ronger. De cette maladie perverse, qui attrape et qui blesse. Si sauvage qu'un espoir. Qui nous prend, nous enfièvre, jamais de nous délaisse. Et puis plus d'appétit, la voilà qui vomit. De rien, un au revoir. Oh je voudrais une chose, j'aimerais une envie. Ce manque de passion, fait se faner l'oubli : l'ignorance en surface. Oh que d'esprits moroses ; se créer une attente, est abomination. L'attente, en hiver, glace.
Et mon cerveau se marre. Entre
les larmes, absence aléatoire.
Il sourit au cauchemar. D'instants pourtant réels recopiés tout le « temps ». Je suis une insomnie, un rejet, un cafard. Je suis une même crainte, calcinée par ce mot qu'est inlassablement. Je suis un diable fort dans son attirail noir. Un crachat de ces boucles infinies d'instants. Je suis faible, fatiguée, un si lent désespoir. Lampe de poche, deux piles, éclairer l'infamie. Et cette journée aux profonds laps d'ennui... Cette soirée si bleue qui maintenant finit... les éclairages oranges qui colorent la nuit. Oui toutes ces natures seront là tôt ou tard. Et moi toujours je suis. Insensible au départ. Mais comme j'aimerais juste fermer les yeux un peu.
Jeudi 24.
Je suis un arbre, grand noir. Je nargue la lune, je suis un arbre. Cette nuit étoilée. Je nargue aussi la ville. Noir, et si grand. De ces arbres maléfiques de dessins animés. Avec les branches tordues, comme quelque doigt crochu. Quelque doigt effrayant. J'effrayerais les timides. Petit chaperon noir. Nymphe, fragile, patiente, que j'intriguerais. Oui, Je m'intriguerais. Parfois je suis comme ça. Parfois je pense à l'arbre. Elle me regarderait de ses yeux miroirs. Elle se verrait corbeau pour épouser mes branches. De plumes pour m'envoler, dans lesquelles j'aurais chaud. Je phantasme à cette nuit, au travers de la vitre. Les parkings sont déserts. Assise sur le bureau et triste encore une fois. Doux songe grand et noir. J'ai beau être dans mes plumes, je ne m'envole pas. Je ferme un peu les yeux et ne vois que du noir. Et je les rouvre alors, me mets à penser. Quand la fatigue m'enlève juste un peu plus tard. De la nervosité ?
Publié par nymphedark à 18:08:34 dans Nymphe | Commentaires (3) | Permaliens

Une ouverture vers l'enfermement.
Un manque.
De mots.D'ailleurs.
Je m'en vais, bien que je reste là.
Publié par nymphedark à 21:17:32 dans Nymphe | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par nymphedark à 19:11:58 dans Nymphe | Commentaires (12) | Permaliens
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Leurs Derniers Maux.