
Nous avons vu les fleurs se changer en pierres noires. Nous avons observé, jusqu'à notre affaissement, la Chute. Le changement des choses, leur nouvelle façon d'être, insignifiante et dure. Nous avons senti naître en nous le Crime. Comme une de ces caresses insolentes et si douces que l'on n'ose repousser. L'atrocité sous un masque de soie pure. Nous avons attendu, sages comme des enfants, en comptant les minutes et des berceuses en tête. Nous sommes tellement fragiles.
Le soleil s'est levé, fier dans son bain de rouge. Il se noyait déjà, nous n'aurions de Demain. La tête dans nos bras, nos cachettes de fortune, et mes mains dans tes mains, nous avons patienté. En sachant dans le fond que tout était perdu. Nous n'affrontions pas la vérité, nous la contemplions, juste. Nous voyions une sorte de beauté idéale dans une déchéance fatale ; aveugles, nous empirions la somme. Nous n'avons pas bougé. Les yeux rivés sur la poussière demeurée en suspens. Les enfants métronomes. Nous cherchions sa descente sur le sol brûlant. L'esthétique du mouvement, tout était si facile.
Nous n'avons pas senti la morsure. Le paysage meurtri était simplement autre. En l'intégrant nous rendions la nécrose acceptable, nous n'avons pas compris. C'est la dégénérescence comme un fluide qui vous ronge, dont on finit par s'abreuver. Nous observions nos souffrances tout en gardant les yeux clos ; le poison se distillant dans nos veines chaudes comme le fait l'Emerveillement. Puis un soir, sur des chansons d'enfants, nous avons faiblement entrevu une once de notre peine. Mais tout était trop tard.
Les animaux inconscients se réveillent dans nos ventres et nous poussent au Néant. Nous incitent à l'indicible, commettre l'inadmissible, le meurtre de l'Envie, de chaque moi profond. La rupture d'appétit, l'angoisse et le silence. Nous hébergeons en nous des méduses qui nous assomment de leur venin et nous, les paupières étroites, en savourons encore le goût. Nauséabond.
Publié par nymphedark à 18:36:57 dans _ | Commentaires (10) | Permaliens

La vérole sur vos gueules
[et le blog a trois ans]
Publié par nymphedark à 12:24:34 dans _ | Commentaires (16) | Permaliens

Publié par nymphedark à 21:28:14 dans _ | Commentaires (1) | Permaliens

C'est la désolation comme une plaie ouverte, que nous nous contentons de contempler sans cesse. Les cris encore muets, étouffés dans les chairs, les mains qui s'entre-écorchent, ouvrent des illusions. Les ongles angoissés qui creusent une échappée. Une âpre sensation de folie intouchable. Et nous tombons ; tombons.
Comme des anges déçus. Petits enfants duels dans leur planète cruelle. Dévorés de caprices que l'on ne comble pas, structure de quelque corps qui s'écroule dans le temps. Et pars devant, devant. Ne te retourne pas.
Des feuilles de partitions aux aspects surréels couvrent nonchalamment les abîmes qui t'abîment.
Publié par nymphedark à 18:45:17 dans _ | Commentaires (5) | Permaliens


Déambulations incertaines sous les spectres oranges. La ville nous absorbe, nous dévore. Nous pénètre jusqu'à l'os. Soudaine et Sublime. Carnivore. Étourdissante. Par son bruit, ses froissures, par ses replis et meurtrissures. Assourdissante. Les couloirs souterrains regorgent de plaisirs insanes. L'odeur encore tiède de l'urine sur un carrelage suintant, et les cheveux trop gras des personnages nocturnes, passivement décharnés, main tendue, âme éteinte. Latente.
Il est 5 heures, Paris s'éveille. Paris s'éveille, Monstre de pierre ancienne sublimée par la nuit, l'éclairage électrique. Les parfums nostalgiques. Et les anges vagabondent alors, hésitants, sarcastiques. Se couchera-t-on, raconte moi Cigale, danserons nous toute la nuit? Percutons nos corps aux accords encore et encore. Il est 5 heures, Paris obscène. Savourons les délices nocturnes de la ville voilée où l'on s'égare au détriment d'une folie douce. Où les démons s'étreignent une fois le rideau tiré, les passions animales, Un Magnifique théâtre de la Catastrophe. Dont la Superbe incontestable pervertit les esprits, le rend détestables à tout prix. Il est cinq heures. Je n'ai pas sommeil.
Photographies. A partir de ma vidéo en cours, Electre.
Publié par nymphedark à 23:31:23 dans _ | Commentaires (7) | Permaliens
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