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Journées de neige.

Soirées secouées à rêvasser d'ailleurs et d'autrement. Dans les cris du radiateur, le froid omniprésent.
Seul refuge acoustique, les mélodies de Coil me transportent vers des au-delà, légers dépassements de la régularité morne des jours; "Ostia (the death of Pasolini)", qui me berce vers une Italie aux ruelles sales, où retentit encore le souffle de Tomaso, les pas des jeunes garçons, et l'odeur de la boue, êtres à la vie violente. Ce livre que j'ai rongé, passionnée, deux après-midi consécutifs sous le soleil fragile des stores méditerranéens; Marseille, une bouquinerie, de longues journées à flâner dans la ville portuaire et à manger des pages. Marseille, l'attente d'un homme qui termine le travail, le parfum des vacances, les fantasmes de la machine à écrire et les circuits en vespa sur les bords de la mer, bouteille de Coke en verre sur les stations essence. Ivresses animales, concerts assourdissants et cachets d'aspirine sur fond du tournoiement des monstres Éoliens. Effervescence artistique, stimulations corporelles et psychiques. Retour à la musique, qui me porte de rail en rail vers mes propres Vouloirs. "Dark River" froide et grise renvoie à ces découvertes iconographiques de la ville de Pripiat, la collecte de documents obsessionnelle des jours durant, fascinée par la présence envahie par le vide, l'abandon dans la peur, le témoignage d'une vie figuré par une ville, entière et pourtant jamais aussi fragmentée, les pensionnats aux petits lits-squelettes et peluches orphelines, les cafetières d'air toxique sur les plaques électriques dorénavant atones et fenêtres sans carreaux. Comme une rivière fine je vogue sur l'illusion de cette ville morte, la beauté de la ruine, l'histoire dans les objets et plus rien que le vent.
♪. Coil.
Bonne année à tous et merci :)
Publié par nymphedark à 13:32:32 dans _ | Commentaires (1) | Permaliens