
Feindre d'ignorer ce qui au fond
nous habite... Se lover dans une routine bien établie. Décorée d'illusions,
beauté superficielle. Trop peu de choses vraiment, si peu de choses réelles. Et
si seulement tout était vrai, quelle face aurait le monde ? Oh, nous serions
bien fades, déshabillés, immondes.
S'asseoir et accepter, muets, se condamner.
Si toutes ces personnes sont aussi merveilleuses, si au final ces surfaces sont
illusions, communiquer, pourquoi ? Ces circuits installés, ordonnés, dérapent
vite. Tout... S'en va... Impossible d'ignorer ce qui au fond nous habite. Et
changer.
Cette chaleur dans les ventres, dans les veines : l'envie. De toujours tout
casser et toujours fuir au loin, briser ce qui est plat : des lignes sur un
dessin. Ne plus suivre aucun fil, faire des mailles de tout. Solitude éphémère
: effet encéphalique. Il y aura quelqu'un, si ce n'est qu'une pensée. Se perdre
dans des rues, tout réinventer, se rejoindre inconnus, et partager enfin. Un
boulevard un peu sombre que l'on évite en vain, rechercher l'avenue. Chuter de
bon côté. Profiter des instants, percevoir chaque entité. S'attacher, enchaîner
les paroles, se déchirer d'idées. Et changer, échanger.
Imaginer. Créer au quotidien. S'inventer autre, rester soi- même, échapper
loin.
Et trouver, par un hasard subtil, des papillons qui éteignent le cerveau,
rongent le ventre, la belle épidémie. Une corde non pour se pendre, sur
laquelle appuyer, une note de piano. Une note qui déclenche, comme un
interrupteur, une étrange folie. Attaque nucléaire. Contaminé, sourire, et
avancer ainsi. Curiosité fragile, si étrangement semblables perdus dans les
nuages. Grains de sables dans le vent, échappent à la plage. Addiction sucrée à
des silences que l'on n'ose s'avouer, la dimension confuse. Étourdis, égarés,
et pourtant bien présents. Les mots fusent.
Se relever de tout ce qui tombe tout autour, vouloir tout briser, sans hurler
pour autant.