Les corps, s'approchent, s'accrochent, admirent la grande cérémonie. Les violoncelles et les violons. L'hésitation de l'archet à entamer sa mélodie, puis apparaît alors le son... Toute fébrile, cette caresse. Ce tremblement : tant de douceur que de tristesse. Dans la grande salle, naît le silence. Les hommes aux vestons méticuleusement repassés ne font la cour aux Dames qu'en parlant par les yeux. Voilà une curieuse danse. Ces dernières, les joues rosies par le vin, sourient, un peu. Oh les violons, les Violoncelles ! Manient les mesures qui commencent. La peau si blanche, et la délicatesse des mains gantées de dentelle...
Elles portent d'un geste gracile les coupes de cristal entre leurs lèvres d'un rouge sang. Les nappes aux ourlets argentés diffusent autour mille étincelles. Le vin sirupeux fait tourner les esprits. Paisiblement. Hommes et femmes, enfin, se lèvent. Les lustres de diamants percent la nuit. La dentelle se glisse alors dans les mains robustes des Messieurs. L'alcool qui amène la transe. Les robes longues aux tissus souples ; les robes longues se balancent. Les pas des hommes sont assurés. Les chevelures volent selon le rythme : vois comme les talons vernis avancent. Un pli, des volutes de fumée. Une courbe, un dos qui s'élance. Les mains qui sur les épaules fortes s'accrochent.
Et en arrière, se pencher. Une note, deux, des croches. Des dents serrées agrippent leurs lèvres. Et les violons, les violoncelles ; des profondeurs infinies. Jouent maintenant avec fièvre. La main connaît si bien les cordes qu'elle arrive à faire naître les cris. Les corps s'emmêlent, la musique aussi: elle se tord en gémissements. Les chevilles sont fragiles, les dames croient défaillir. Leur ouïe leur joue des tours, les mesures s'emportent. La baguette vacille pour un charmant délire, les hommes font en sorte... Que les dames oublient. Rusés, s'amusent de leur ivresse. Les voilà qui gracieusement s'affaissent. Et les tapis, des déserts de tissus riches ! Et les soieries : de la paresse. S'ils s'y nichent, on les laisse. Les Violonistes ! Des mélopées venues d'ailleurs, qui les envoient aux plus hauts cieux. Leur jeu désormais ne cesse. « Ré... mi... fa. » Dénudent leurs pieds, observent les regards envieux. Une volupté privilégiée. Tremper ses orteils dans le vin, une fantaisie pour ces princesses. « Fa... sol... la. » Leurs ongles brillants que l'on dévore des yeux. Et derrière le voile de soie, les bouches se prennent, c'est une caresse. Les cordes vibrent et l'archet glisse. Les doigts sur le manche des violons, l'onde parcourt les femmes qui frémissent. Oh comme elles aiment la musique... Font basculer alors, outrageusement leurs cuisses. Qu'elle est belle notre noblesse... Les violons, les violoncelles, un jeu si divinement mélodique. Un échange entre Il et Elle. Echange, et il entre en elle.
Une danse macabre où la Luxure abuse la Folie.
Publié par nymphedark à 18:29:03 dans _ | Commentaires (14) | Permaliens
03-01-2006 22:25
De cexhib Sujet:
en attendant la renaissance de la couleur noire...
02-01-2006 10:14
De Nymphe Sujet:
Je suis...
02-01-2006 06:34
De Kali Sujet:
Bonne année 2006
01-01-2006 23:28
De Je suis... Sujet:
Je suis...
01-01-2006 19:14
De Nymphe Sujet:
Hé Boy cette réplique file au travers de vitres intouchables !
01-01-2006 18:03
De cexhib Sujet:
je suis
31-12-2005 13:21
De Nymphe Sujet:
Je suis...
31-12-2005 10:20
De Je suis... Sujet:
Je suis...
30-12-2005 12:16
De Coralie.
Sujet:
mmh Url: [Liens]
28-12-2005 17:35
De witko
Sujet:
merci Url: [Liens]
28-12-2005 16:07
De souvenir
Sujet:
je ne connaissais Url: [Liens]
26-12-2005 19:55
De cexhib Sujet:
valmont
26-12-2005 19:28
De Maylina
Sujet:
Hummm... Url: [Liens]